La Dépêche – 26 novembre 2015

 

Une application smartphone contre le travail illégal

image43Il fallait y penser. Frédéric Pradal, Aveyronnais à la tête du groupe IFECC, implanté à Toulouse, Bordeaux, Bayonne ou Montpellier et spécialisé dans l’économie de la construction, expérimente depuis un mois un nouveau logiciel. Bativigie permet aux entrepreneurs de rentrer toutes les données nécessaires sur les employés de leurs sociétés et sociétés sous-traitantes afin d’être parfaitement en règle avec la législation désormais très contraignante sur le travail illégal dans le bâtiment et les travaux publics.

«60 chantiers dans le sud-ouest sont en cours de contrôle par Bativigie, 7 000 à 8 000 salariés sont dans notre base de données», explique Frédéric Pradal, «nous effectuons des contrôles aléatoires, non annoncés, sur les chantiers, smartphone équipé de l’application Bativigie en main, afin de vérifier nos données sur le terrain, une fois par semaine en moyenne».

«Lorsqu’une personne travaillant sur un chantier n’est pas répertoriée, on rentre sur place son profil dans notre base de données, s’il y a refus ou si l’on relève une irrégularité, on en informe immédiatement l’entreprise afin qu’elle se mette en conformité avec la loi sous 48 heures», indique le créateur de l’application qui va être développée sur toute la France d’ici la fin de l’année.

«Actuellement, nous sommes trois personnes à plein-temps pour contrôler 60 chantiers», poursuit Frédéric Pradal, «au national, nous allons déléguer le contrôle avec une société spécialisée dans ce domaine». Le logiciel est commercialisé auprès des donneurs d’ordre et maîtres d’ouvrage au prix de 130 €/mois pour des chantiers de moins de 40 logements, jusqu’à 350 €/mois pour des travaux de plus de 300 logements. Le contrôle est facturé en plus : « Tout compris, avec le logiciel, cela fait de 10 000 € à 25 000 € pour un chantier », précise Frédéric Pradal, un investissement à mettre en rapport avec les amendes énormes, jusqu’à 500 000 €, qui peuvent, avec la mise en place de la loi Macron, frapper les entrepreneurs employant des salariés illégalement. Le juge peut aussi condamner des entreprises pour «dumping social en bande organisée» en cas d’appel d’offres truqué.

Des promoteurs (Kaufman & Broad, Acantys, Sagec, Pichet) et bailleurs sociaux (La Cités-Jardins ou Colomiers Habitat) utilisent déjà Bativigie.

Philippe Emery

 

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